[Breakingthesilence]Invitation à Laroque de Fa
foret fleur
marchenonmixte at hotmail.com
Ven 13 Aou 19:49:13 CEST 2004
Salut à toutes !
peut-être que vous aurez ce message en double, je ne suis pas sure qu'il
soit bien parti !
Devant les difficultés à faire émerger un vrai contenu politique et les
problèmes de cohésion entre les différents collectifs organisateurs, la taz
No Border de Rivesaltes a été annulée. Nous joignons un texte écrit par
Annega et Melo lorsqu'elles ont décidé de quitter le collectif
d'organisation du camp mixte, donc avant que celui-ci ne soit complètement
abandonné, mais qui éclaire bien les raisons de l'échec final.
Noues avons décidé de maintenir le projet d'un village non-mixte , et noues
invitons toutes les femmes et les lesbiennes qui luttent pour leur liberté
de circulation mais aussi pour tous leurs autres droits à venir noues
rejoindre à partir du 20 aout. Noues avons la possibilité de noues
installer sur un terrain dans la région de Perpignan Narbonne et vous
attendons, avec vos énergies et vos idées , pour faire vivre ensemble la taz
non-mixte de LAROQUE de FA !
Comment arriver à Laroque-de-Fa
en voiture :
de Narbonne , environ 45km - Suivre la D613
de Perpignan , environ 50km - Passer par VINGRAU par la D12, puis TUCHAN
par la D611 , puis suivre la route de Palairac.
A Laroque de Fa, la direction du camp sera fléchée, parce que c'est vraiment
la cambrousse !
Bonne route à toutes .
Florence, pour les femmes et les lesbiennes de Paris pour un village
non-mixte à Rivesaltes.
"Du pourquoi de notre départ du projet de TAZ No Border Rivesaltes"
Lorsque nous avons choisi de nous investir dans le projet de la TAZ No
Border à Rivesaltes, notre objectif était bien d\'engager un travail de
remobilisation sur les luttes des sans-papiers et autour de la question de
la liberté d\'installation et de circulation. Notre idée était aussi de
pouvoir inscrire ce projet dans un cadre plus large qui mettrait en lien la
question du contrôle social et du capitalisme et donc des
fonctionnements autoritaires. Cela devait nous permettre de mettre en réseau
des collectifs qui bossent quotidiennement sur différents sujets (taule,
centre de rétention, contre logique sécuritaires, luttes
féministes, sans-papiers...) et donc d\'échanger sur nos pratiques et nos
stratégies de lutte. Plus qu\'un évènement ponctuel de visibilisation de ces
luttes, le campement No Border devait être le point culminant d\'une
campagne qui s\'inscrivit dans une perspective de durabilité. Nous avions
fait le constat de notre tendance à l\'éparpillement et ressentions le
besoin de se construire un fil conducteur qui puisse donner du sens et de
l\'efficacité à nos choix de lutte. Au niveau local, la composition du
collectif correspondit à ces objectifs dans la mesure où il réunissait des
individuEs et collectifs travaillant quotidiennement sur ces questions
(anti-taule, lutte des sans-papiers, féministes...) et cela participait donc
à faire converger les luttes. Pour ces raisons nous étions attachées à
l\'organisation en collectifs locaux d\'individuEs et non pas
d\'organisation. Dans un soucis de cohérence avec les idées que nous
défendions, il nous semblait indispensable que la vie sur le campement
s\'organise selon des principes d\'autogestion qui favoriseraient
l\'appropriation par toutes et tous des problématiques de départ.
Néanmoins nous étions assez claires sur le fait que ce n\'était pas notre
objectif principal contrairement au VAAAG qui s\'inscrivait dans un autre
contexte et des objectifs différents. Une des raisons de notre départ,
réside dans le dysfonctionnement du réseau. Si nous faisons aujourd\'hui le
bilan du travail mené ces six derniers mois pour le projet de TAZ, nous
pouvons dire que les objectifs politiques n\'ont pas du tout été atteints.
Une fois lancéEs, il nous semble que nous ne sommes plus poséEs la question
du sens d\'un tel évènement. Que nous n\'avons bossé que sur les questions
logistiques et la mise en place de la TAZ. Courir près le mouvement sans
jamais débattre sur le fond. L\'écriture du quatre pages sensée poser les
questions politiques de fond a été symptomatique de notre incapacité à
réfléchir collectivement à notre approche de la problématique de liberté de
circulation et d\'installation. Dans nos communications internes au réseau
de préparation comme à l\'extérieur, il apparaît que nous n\'avions pas
grand chose à dire de plus que le fait qu\'on
organisait une TAZ. Nous avons été de plus incapables tout au long de la
préparation de créer du lien avec les structures bossant déjà sur les
thématiques qui nous intéressaient comme s\'il s\'agissait de faire tout
seul et de tout réinventer sur la question. Le départ du CAE nous a posé
soucis entre autre, puisque cela nous coupait d\'une partie des individuEs
et collectifs investiEs sur le terrain de ces luttes. Le campement était
sensé s\'appuyer sur les luttes locales alors qu\'il en a été complètement
déconnecté. Cela était prévisible dès le départ puisque le lieu du campement
avait été choisi sans concertation avec les acteurs principaux de ces luttes
à Perpignan (collectifs de sans-pap et autres collectifs de lutte). Dans
l\'organisation de la TAZ nous n\'avons jamais pensé le camp et lien avec la
réalité politique perpignanaise et la situation, les besoins et envies du
collectifs de sans-papiers sur place. Comme si on était légitimes parce
qu\'on était No Border. On a souvent eu
l\'impression d\'avoir à faire à une forme de croyance, du magique en
politique. On a envie, on y croit, donc ça va marcher. Le réseau s\'est
inspiré des différentes expériences de fonctionnement de campement (VAAAG,
Strasbourg...) pour penser l\'organisation concrète de la TAZ mais on ne
s\'est jamais appuyé sur les bilans de ces rencontres pour éviter les mêmes
conneries. Tout au long de la préparation de la TAZ, des éléments auraient
du nous interroger sur la pertinence de poursuivre le projet, mais à chaque
fois on a évité ça à tout prix. Très peu de collectifs étaient mobilisés sur
le projet ; le collectif de Perpignan n\'a pas cessé de nous alarmer sur les
soucis logistiques liés au lieu (il n\'y a aujourd\'hui toujours pas de
terrain et très peu de survivantEs dans le collectif perpignanais) ; le
départ du CAE ; très peu de genTEs ont rejoint le projet ; les coordinations
réunissaient de moins en moins d\'individuEs et donc de collectifs locaux.
Dans nos modes de
fonctionnement interne, les coordinations étaient sensées être les espaces
décisionnels où chaque personne présente était mandaté par son groupe local
pour valider les propositions discutées préalablement dans les groupes. Mais
régulièrement des décisions étaient prises, validées, puis de nouveau
rediscutées en coordination et revalidées souvent sur des bases différentes.
Même si l\'on peut comprendre l\'intérêt personnel de discuter certaines
questions, pour le collectif, ça donne une impression de sur place, voire de
recul, qui fatigue. Quand avant la dernière coord où doit se décider la
poursuite du projet ou non, des groupes et des individuEs renvoient sur la
liste qu\'ils ne seront pas présents et qu\'ils laissent à la coord le soin
de décider, il apparaît clairement que le fonctionnement n\'a pas été
compris. Tout au long de l\'année, nous avons eu l\'impression d\'un
boycott du projet par des réseaux militants. Est-ce lié à notre
communication foireuse ? Au no logo ? A la place de No Pasaran dans le
projet ? Au départ du CAE ? Au ras le bol de l\'activisme à tout craint ? Ou
à une fatigue massive liée au contexte social ? ... Nous en arrivons
aujourd\'hui à remettre en cause la pertinence d\'un campement de dix jours
sur cette question au vu de l\'énergie nécessaire à mobiliser sur les
aspects logistiques, énergie de fait non investie dans la réflexion et les
luttes locales. D\'autre part, il nous parait très difficile de faire
cohabiter campement d\'actions et d\'échanges de réflexion et de stratégies,
et en plus volonté d\'organisation collective de la vie quotidienne sur le
lieu. Nous estimons que le danger de
spécialisation est grand et que l\'on risque de tout faire à moitié. Pour
que tout soit bien fait il faudrait passer la plus grande partie de son
temps (sur les dix jours) en réunion (de commission, de préparation
d\'action, AG de quartier...). On ne peut pas dire que 2004 ait été une
année faste en terme de luttes sociales, mais est-ce pour ça qu\'il faut
s\'accrocher à ce projet No Border coûte que coûte, au risque que cela
devienne une kermesse de consommation militante. De mettre les
partcipantEs en danger par le peu d\'anticipation d\'à peu près tout et en
particulier les personnes sans papiers. De faire pour faire un
regroupement de héros et martyres qui auraient oublié pourquoi. Cette
expérience nous a au moins permis de nous interroger sur le piège de
l\'activisme. Aujourd\'hui notre urgence politique est d\'aborder les
luttes de manière globale et de sortir du papillonnage permanent (de lutte
en lutte en fonction des modes). Il y a six mois nous pensions que des
initiatives du type No Border, pouvaient aller dans ce sens.
Aujourd\'hui non. Pour mettre le vieux monde à la casse, il nous apparaît
indispensable de nous interroger sur les effets réels de notre action
politique. Même si l\'on est capable de dire que l\'ennemi a de nouveaux
visages, on en est pas pour autant capable de repenser nos modes et méthodes
d\'intervention. Le 1er août 2004
Annega et Mélo, individues membres du collectif No Border Nantes
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