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Mar 28 Sep 17:24:18 CEST 2004


<> *Salut,

Lors de la préparation du gender day de l'AMP, il avait été proposé  de 
réfléchir à la question des genres dans la société environnante, et pas 
seulement entre nous. Voici la dernière mouture du texte envoyé 
(symboliquement) à la liste la veille du gender day de Belgrade. A venir 
en prévision de la prochaine conférence, un travail inter groupes 
non-mixte (ce n'est pas la même chose qu'un groupe mixte) pour sortir 
des ornières du racisme de  genres et aborder la question sous l'angle 
de la révolution  non- autoritaire.

A+

Pascal


Les deux mammelles du patriarcat*
*PHALLOCRATIE ET CLITOCRATIE*


*

RESUME

Cet article est fondé sur une contribution au débat sur les questions de 
genre transmise à la conférence européenne de l'Action Mondiale des 
Peuples - Belgrade 2004. Il met en évidence une contradiction du 
féminisme républicain (de droite comme de gauche) qui, pour combattre 
les abus de la phallocratie, en appelle finalement au système patriarcal 
lui-même et à son renforcement : le tout sur un fond idéologique de 
"lutte des genres" totalement incapable de renouveler les rapports entre 
hommes et femmes dans la mesure où il ne se pose pas la question de 
l'inanité de toute démarche de libération qui ne serait pas aussi une 
libération par rapport à l'esprit de système et l'esprit de pouvoir. Si 
les femmes y revendiquent la "parité", l'égalité d'accès aux 
prérogatives de la reconnaissance et du pouvoir au sein des systèmes 
hiérarchisés, elles ne revendiquent que rarement la renonciation pour 
tou-te-s aux statuts, prérogatives et gratifications indues instaurées 
par l'esprit de hiérarchie, de système et de domination. Elles se 
placent en concurrentes des hommes pour la domination, et n'accèdent 
plus que dans les franges libertaires ou spiritualistes à la conscience 
fondamentale que leur émancipation en tant que représentantes du genre 
humain au même titre que les hommes passe par l'abolition de l'esprit de 
système et de domination, principal inspirateur du patriarcat.

*

 


      Les deux mammelles du patriarcat ancien et moderne


v.0.94

/Contribution à la compréhension des relations entre hommes et femmes en 
rapport avec le patriarcat, la phallocratie, la clitocratie, la lutte 
des genres, le capitalisme le consumérisme et la révolution sociale/

*Le patriarcat*

Le patriarcat dans l'histoire, c'est à l'origine la domination du père 
ou du grand-père réel sur une famille ou une tribu réelle, puis par 
extension la domination du père symbolique, l'état, l'institution sur 
une famille symbolique, la nation, le peuple, les administrés. Le 
pouvoir des institutions est patriarcal en ce sens qu'il relève non 
seulement de la force brutale ou protectrice mais aussi sur le crédit 
attribué à des valeurs éprouvées censées faire prospérer le groupe. A 
proprement parler le patriarcat est autant celui du "grand-père" que du 
"père". Dans les sociétés patriarcales, l'homme, même d'âge mûr n'a 
souvent pas d'autre pouvoir que celui que lui délègue le patriarche. 
Dans un système patriarcal, les "pères" sont durablement "mineurs" et 
soumis à l'autorité jusqu'à un âge avancé (une belle illustration en est 
donnée par le film "Le grand pardon" avec Roger Hanin dans le rôle du 
patriarche). Le pouvoir qui leur est délégué est quasiment inexistant ou 
étroitement conditionné et contrôlé, sauf en ce qui concerne leur femme 
ou leurs enfants.(ce qui, nous allons le voir change radicalement dans 
le patriarcat contemporain). Socialement, leur devoir est l'obéissance 
jusqu'au décès du patriarche, décès qui ne survient jamais lorsque la 
figure patriarcale est symbolique comme c'est le cas dans l'état-nation 
moderne, dans l'administration pyramidale ou l'entreprise privée. Ce 
caractère d'éternelle mise sous tutelle de l'homme dans la culture 
patriarcale et intégralement transposée dans le système de 
l'état-nation, qu'il soit autocratique ou républicain. Dans la société 
patriarcale, la domination, le contrôle et très souvent la perversité du 
pouvoir s'exerce d'abord sur l'homme qui les répercute ensuite sur la 
femme et sur les enfants.

Pour le sociologue, le patriarcat est le nom donné à un système social 
de repères, ordonnateur des places, de la différence sociale entre les 
sexes, les générations, de règles de transmissions du nom, des interdits 
et des devoirs. C'est, selon l'angle qui nous intéresse avant tout un un 
système qui confère des pouvoirs et des obligations. La mythologie 
fondatrice du patriarcat dans les sociétés judéo-christiano-musulmanes 
remonte aux patriarches bibliques et à la figure emblématique du premier 
d'entre eux dans cette tradition, Abraham. Les systèmes sociaux de 
domination qui revendiquent cet héritage en appellent par conséquent au 
"droit divin" autant qu'au droit naturel et à la coutume. Ce n'est pas 
le propos de cet article que d'interroger la déformation et l'usurpation 
de la figure prophétique originelle qui préside à la refondation dans 
chaque génération de l'ordre patriarcal, modèle de toutes les 
usurpations religieuses ou idéologiques à des fins de pouvoir. Son objet 
est d'interroger les stratégies des acteurs et des actrices du système 
déja constitué et de montrer que le patriarcat se nourrit indifféremment 
aux deux mammelles complémentaires que sont les stratégies de pouvoir 
-changeantes au fil du temps- des hommes et des femmes.

*Les stratégies des genres dans le patriarcat*

Les genres, masculin et féminin, sont compris ici comme des 
constructions sociales à partir du sexe biologique, des moeurs, de la 
culture ainsi que de l'organisation économique et politique. Le 
patriarcat tribal a favorisé les mâles, et en fait les principaux 
instruments -bien que perpétuellement humiliés par ailleurs- de l'ordre 
institué. Cette gratification donnée aux mâles, la phallocratie, masque 
la réalité de leur statut au sein du patriarcat : victimes d'un ordre 
qui en les réduit perpétuellement au rôle d'exécutant et dont bien 
souvent la seule compensation sera d'exercer à leur tour un pouvoir sur 
leurs subordonnés, sur les femmes et les enfants.

Dans ce contexte, qui est encore celui de beaucoup de sociétés dans le 
monde, les femmes - bannies de la sphère publique - accèdent à leur tour 
à la reconnaissance sociale par l'engendrement d'enfants mâles. Elles 
prennent alors leur revanche ou leur part de pouvoir en tant que mères 
en élevant cet enfant mâle comme un champion, un dominant, destiné à les 
défendre, certes, mais aussi à laver les humiliations subies par 
l'homme, le père de famille. Elles participent ainsi directement et 
activement à la transmission par l'éducation des comportements de 
domination et des valeurs du patriarcat, et à sa perpétuation dans les 
générations.

*La fonction du pouvoir des femmes dans le patriarcat moderne*

Nous ne parlerons pas ici de l'expérience individuelle et collective 
d'auto-émancipation des femmes d'un intéret immense dès qu'elle pourra 
se communiquer hors de son ghetto, et qui concerne l'émancipation par 
rapport à la logique-même du pouvoir et de la domination qu'elles 
cherchent à ne pas reproduire. Ce thème mérite une étude à part entière 
et dessine une aventure qui ne fait que commencer. Nous parlerons des 
effets plus perceptibles de la branche du féminisme qui s'est satisfaite 
du monde tel que modelé par le patriarcat et qui a choisi de se lancer 
dans la compétition pour le pouvoir sans changer le cadre existant. Là 
les analyses féministes du patriarcat ont avant tout consisté à dénoncer 
la phallocratie et visé à émanciper la femme de la domination masculine, 
rajoutant un volet sexuel à la révolution libérale (de droite) ou 
sociale (de gauche). Pour ce faire, en bonnes contemporaines de la 
modernité politiques, elles en ont appelé à l'état libéral qui a trouvé 
là sa meilleure justification pour renforcer le contrôle légal, 
judiciaire ou administratif de la vie privée et familiale, sphères qui 
relevaient jusqu'alors des libertés privées, c'est-à-dire du contrôle 
patriarcal exercé par les hommes eux-mêmes. Il leur a échappé que le 
patriarcat moderne est par excellence incarné par l'état et le pouvoir 
institutionnel et que c'est lui qui incarne désormais la figure 
symbolique de grand mâle dominant tout le groupe et toutes les femelles. 
Loin de s'en trouver affaibli le système du pouvoir et des valeurs 
patriarcales, n'a fait que gagner de nouvelles alliées et une sphère 
supplémentaire à régenter directement, en évinçant ses rivaux que sont 
les hommes réels.

Dans le patriarcat moderne, où la réalité du pouvoir est désormais 
instituée socialement et politiquement par le capitalisme (gouvernement 
des entreprises par les actionnaires) et par l'état-nation (gouvernement 
politique et administration pyramidale), les hommes sont encore et 
toujours à la fois soumis au pouvoir et sollicités à l'exercer. Mais il 
en va désormais de même pour les femmes qui peuvent à leur tour 
s'emparer de certains rouages de la machine du pouvoir, leur donnant 
l'impression de pouvoir la contrôler ou l'infléchir. Là est peut-être 
l'origine de l'illusionnement paradoxal des féministes dans leur espoir 
d'une émancipation pour les femmes par le truchement de l'état 
patriarcal lui-même. Or nous constatons que l'accession des femmes au 
pouvoir n'a rien de subversif pour le système patriarcal et ne le 
dénature en rien. En lui ont toujours coexisté de façon complémentaires 
les deux manifestations genrées de l'exercice du pouvoir, celui des 
hommes et celui des femmes. Pour mieux comprendre le patriarcat moderne 
et ses enjeux, il convient de décrire plus précisément ces modes genrés 
d'association au pouvoir. Il s'agit d'un côté de la "phallocratie", 
souvent décrite et bien connue maintenant en ce qui concerne les hommes, 
et de l'autre chez les femmes, d'une figure relativement nouvelle - bien 
que présente symboliquement dès l'antiquité - que nous nommerons ici la 
"clitocratie".

*Phallocratie et clitocratie*

Le système patriarcal s'appuie sur de larges sphères de la société qui 
continuent à être phallocrates, c'est à dire de valoriser le fait d'être 
un homme, d'être fort, d'avoir un pénis, de pouvoir en jouir et 
prétendre au pouvoir de ce seul fait, y compris et surtout sur les 
femmes considérées comme une sous-espèce, principalement du fait de 
leurs hormones, contraintes à tenir le rôle traditionnel de prostituées 
ou de génitrices perpétuant tant l'espèce que les principes et les 
comportements de la domination.

La clitocratie est l'attitude symétrique et complémentaire de la 
phallocratie au sein du patriarcat devenu système et pouvoir. Elle 
valorise le fait d'être femme, d'avoir un clitoris non intrusif et par 
conséquent éthiquement supérieur au pénis, ce qui rend la femme mieux à 
même d'exercer le pouvoir que les hommes. Les hommes y deviennent une 
sous-espèce tarée par l'hormone qui les définit, la testostérone, dont 
on peut jouer à sa guise par la séduction et jouir à volonté, mais dont 
il faut se prémunir à l'avance des accès de violence par le recours à 
l'état, à une législation appropriée, et un contrôle social seuls à même 
de réprimer les pulsions congénitales qui font de tout homme un violeur, 
un incestueux ou un assassin en puissance. Désormais, toujours dans le 
cadre du patriarcat, les figures du pouvoir moderne et libéral, l'état 
et ses administrations, dans leur effort perpétuel pour tenter d'asseoir 
leur légitimité et à pousser en avant leurs procédures de contrôle 
trouvent dans la clitocratie l'appui pour disqualifier les hommes et 
imposer un contrôle social, y compris dans la sphère de la vie privée ou 
de la famille, l'une des rares qui échappait encore à l'emprise de 
l'état moderne. De leur côté, les femmes en plein effort d'émancipation 
sociale et professionnelle au sein des institutions, des administrations 
sociales, de la justice, dans l'enseignement, pensent sincèrement 
contribuer à libérer leurs semblables de la domination et de 
l'arbitraire masculin en militant pour un contrôle social accru et 
l'intervention directe de l'état dans les sphères privées et familiales. 
Ce processus est largement médiatisé et s'appuye sur la réalité de la 
violence masculine. L'état et son administration - figure du "père 
symbolique" - devient directement inquisiteur et ordonnateur de la vie 
privée et familiale, justifié qu'il est en tant que protecteur de la 
femme (et de l'enfant) contre les "pères réels". De leur côté, les 
phallocrates du système à différents niveau de la hiérarchie des 
pouvoirs politiques, judiciaires ou médiatiques adhèrent tout 
naturellement à cette logique qui revient sur le terrain en cas de 
séparation à confier systématiquement la garde des enfants aux femmes - 
ne sont-elles pas faites pour cela ? - ou bien à voir les femmes devenir 
massivement clientes de la médiation et de la protection de l'état, de 
l'institution, de l'aide sociale, ce qui correspond tout à fait à leur 
conception de la femme : un être inconstant, faible, à assister et en 
quête perpétuelle d'une protection qu'ils vont s'empresser de lui 
assurer...

*La lutte des classes, modèle de la lutte des genres*

Nous voyons comment phallocratie et clitocratie forment les deux pôles 
complémentaires d'une dynamique qui légitime perpétuellement le recours 
à un état fort et protecteur. Politiquement, ce recours est justifié 
tant à droite qu'à gauche.

Le recours à l'état pour assurer l'abolition des privilèges masculins se 
nourrit à droite par l'esprit républicain où on est prêt à satisfaire 
toutes les demandes d'égalités politiques, y compris celle d'un "tiers 
état" féminin pour autant qu'on ne remette pas en cause le principe de 
la propriété privée et des inégalités économiques et sociales qui en 
découlent.

A gauche, la lutte des genres a pris modèle sur celui de la lutte des 
classes et fait sienne l'analyse du socialisme autoritaire où l'état 
était censé assurer de force l'égalité sociale et économique au même 
titre que l'égalité politique. Cette branche du féminisme n'a pas 
cherché à repenser et à reconstruire à neuf les relations de genres et à 
concurrencer le patriarcat lui-même, mais s'est installée dans le cadre 
fourni par le patriarcat, en a repris les buts, les moyens et les 
méthodes pour simplement y pousser en avant les intérêts des femmes 
contre les hommes. Ceux-ci sont considérés, peut-être à la suite 
d'Engels, comme anthropologiquement déterminés à dominer les femmes et à 
les considérer comme leur propriété. C'est une telle conception des 
hommes, perçus comme des mâles déterminés à stagner dans leur atavisme 
de domination, qui fait de la "lutte des genres" ou du recours au 
contrôle de l'état un horizon théorique et pratique indépassable.

Le féminisme républicain aboutit d'autant plus facilement à l'irruption 
de l'état dans la sphère privée, que les femmes ont mis en lumière par 
leur combat qu'il ne s'agit pas en réalité d'une sphère de "liberté" 
individuelle mais d'une sphère d'oppression au moins déterminée 
socialement, si ce n'est anthropologiquement.

Méprisant progressivement les compensations domestiques liées aux 
divisions patriarcales traditionnelles des rôles, elles font désormais, 
elles aussi, le choix de la liberté individuelle et de la compétition 
sociale. Dans ce mouvement, elles trouvent dans la hiérarchie leur 
terrain de lutte et dans l'état "patriarco-matriarcal" à la fois un 
protecteur contre la violence masculine et le moyen de compenser 
l'éclatement de la cellule familiale où dans leur esprit l'homme cesse 
d'être de plus en plus d'être une composante essentielle, y compris dans 
l'éducation de "leurs" enfants.

*Le consumérisme et la consommation de l'autre genre*

Le patriarcat moderne et le consumérisme -l'idéologie ou la religion 
médiatique de la consommation - s'alimentent mutuellement. Le 
consumérisme commence par exacerber la phallocratie en réduisant la 
femme à l'objet fantasmatique d'un désir masculin revisité par la 
publicité et la généralisation de la pornographie. A destination de la 
femme, il valorise les comportements d'achats liés à la séduction sur le 
modèle de ce que sont censés être les fantasmes masculins. L'homme y est 
constamment invité à consommer l'image et le corps de la femme, si 
possible virtuellement et de façon marchande. Dans ses relations 
réelles, l'homme réduit par le discours publicitaire aux seules valeurs 
de la séduction et de la puissance, est incité à consommer les femmes 
sur le modèle don juanique. La femme existe au service ou en tant 
qu'objet du désir de l'homme.

A la femme, le consumérisme adresse un double discours selon qu'elle est 
"émancipée" ou non. Là où existe encore la séparation patriarcale 
traditionnelle des rôles entre l'homme et la femme, à l'homme revient à 
la fois la corvée et les gratifications liées à l'exercice d'une 
profession, au rôle de producteur. A sa femme, reléguée aux tâches 
ménagères et à celles peu valorisées de mère, le consumérisme donne les 
compensations psychologiques liées aux comportements d'achats. A l'homme 
"le pouvoir de produire", si possible sans défaillir, à la femme "le 
pouvoir d'achat", si possible compulsif et irrépressible. Cette économie 
domestique manipulée achève d'inféoder l'homme à la production et à 
aliéner la femme dans la consommation à la mesure de ses frustrations, 
et cela jusqu'à l'éclatement du couple ou de la famille. A la femme 
"émancipée", et accessoirement aux minorités sexuelles dotées d'un 
pouvoir d'achat, le consumérisme adresse désormais le même message 
qu'aux hommes. L'homme-objet a fait son apparition à côté de la 
femme-objet. A côté du "macho", décomplexé, apparaît désormais l'image 
de la clitocrate décomplexée qui renvoie exactement au phallocrate la 
réplique de son comportement. Les hommes existent pour être séduits, 
consommés ou bien pour être mis au service économique ou domestique de 
la nouvelle clitocratie émergeante.

*Désormais libres d'asservir à leur tour*

Celle-ci trouve dans les rouages de l'état, de l'administration 
pyramidale et dans l'entreprise capitaliste un milieu rude où acquérir, 
d'abord au bas de l'échelle, puis bientôt à armes égales avec les 
hommes, les comportements de domination publique et de prédation sociale 
qui représentent, pour le système, la meilleure garantie de sa 
pérennisation à travers de nouvelles actrices, cela quelles que soient 
les révolutions ou les réajustements survenus dans la sphère domestique 
ou les reculs apparents du patriarcat à l'ancienne. En effet, /si les 
femmes revendiquent la parité, l'égalité d'accès aux prérogatives de la 
reconnaissance et du pouvoir au sein des systèmes hiérarchisés, elles ne 
revendiquent que rarement la renonciation pour tou-te-s aux statuts, 
prérogatives et gratifications indues instaurées par l'esprit de système 
et de domination/. Elles se placent le plus souvent en concurrentes des 
hommes pour la domination, et n'accèdent que rarement à la conscience 
fondamentale que leur émancipation en tant que représentantes du genre 
humain au même titre que les hommes passe par l'abolition de l'esprit de 
système et de domination, inspirateur du patriarcat, et qu'il s'agit là 
d'un véritable préalable à une réelle possibilité d'émancipation réelle 
des genres.

*Sortir du patriarcat, c'est commencer par cesser de l'alimenter*

Les appareils et des logiques du pouvoir patriarcal s'alimentent et 
s'accommodent tant de la phallocratie que de la clitocratie. Et 
celles-ci se nourrissent indifféremment des pratiques non-mixtes 
-fussent-elles à visées émancipatrices - ou de pratiques mixtes 
ordonnancées par des pouvoirs, par la société de consommation ou du 
spectacle, lesquels ne poursuivent jamais la sincérité et l'équité dans 
les relations. Phallocratie et clitocratie prospèrent également au coeur 
de l'état, qu'il soit libéral, social ou autoritaire dès lors qu'il est 
érigé en garant des valeurs et en force protectrice, ce qui n'est autre 
que la définition-même du patriarcat, inchangée depuis des siècles 
quelles que soient ses formes, familiales, tribales, étatiques. La 
libre-association des êtres, non-fusionnelle, conditionnée par leurs 
attentes, leurs besoins et leurs aspirations légitimes, la famille 
non-autoritaire, les groupes et les assemblées sans chefs et sans 
hiérarchies, vigilantes contre les prises de pouvoir, les perversions et 
les aliénations - religieuses, politiques, consuméristes, spectaculaires 
ou virtualistes- peuvent seules constituer le creuset d'une refonte 
sincère des relations entre les genres, en même temps qu'une 
redécouverte de leur nature, restaurée après des siècles, voire des 
millénaires de distorsions et d'aliénation sous la pression des 
pouvoirs, de l'avidité, des manipulations, des ambitions et des peurs.

PB (strasbourg - juillet 2004)

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