[Pga_europe_process] annex for the factory/labour day: some reflection texts 3)

kolektiv eimigracija migrativeart at skynet.be
Wed Jun 16 10:37:50 CEST 2004


for those who are reading french: not pathetic, neither sentimentalist but
disastrous balance of europian and belgium privatisation and capitalism
effects. by ex renault worker, andre fontaine, charged by the belgium state
for the rebellion, up to the article 66 of belgian criminal code, adopted in
1887 in attempt to criminalize radical leaders of the worker¹s movements and
strikes in general!
bb
i

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L¹exclusion :



L¹exclusion sociale est une des formes les plus utilisées par le système
capitaliste.
Le gaspillage humain ne se situe plus dans les entreprises, mais dans la vie
courante sous toutes ses formes :
Le racisme, les sans-papiers, le chômage, les SDF, le droit de grèveŠ
Les valeurs humaines, pour le monde capitaliste ne sont plus qu¹une
formalité administrative.
L¹Europe du capital continue sa progression. Que se passe-t-il exactement ?

Hier Renault Vilvoorde, Les Forges de Clabecq, Sabena, Belgacom, Nova,
CockerillŠ
La Poste libéralise ses services 8ooo emplois sont sur la sellette, 10.000
également pour la SNCBŠ
Nouveau boum économique ?
Ford va fermer des usines aux États-Unis, y réduire sa capacité d¹un million
de véhicules, licencier 12.000 employés et 3.050 travailleurs non syndiqués.
En février, 2002 Ford Dagenham (Angleterre) ferment ses portes après 71 ans
d¹activité.
Comble d¹ironie, on avait promis du travail jusqu¹en 2005 aux travailleurs.
Ford, Allemagne, vient d¹annoncer le licenciement de 1.700 travailleurs
Au Brésil, VW vient d¹annoncer qu¹il va licencier 4.000 de ses 25.000
travailleurs.
Entre-temps, Ford va doubler son investissement en Thaïlande.
Les multinationales veulent à la fois prévenir et guérir tel est le mensonge
du monde capitaliste, les valeurs humaines ne sont que souvenir, pour faire
place au profit.

Le 27 février 1997, Renault annonce la fermeture de son usine de Vilvoorde.
Outre la perte de 3100 emplois directs, en Flandre cette fois, la nouvelle
faite rage d¹autant plus que Renault venait investir 8 milliards dans cette
usine.
C¹était l¹occasion de donner un signe de détermination forte aux
actionnaires Renault y aurait annoncé également la suppression à terme de
15.OOO emplois.
On devait y annoncer de mauvais résultats et la décision de la fermeture du
siège belge 
Les actionnaires considèrent la décision de fermeture de Renault comme
mesure drastique permettant d¹espérer la résorption des pertes énormes du
groupe (plus de 20 milliards) dès l¹annonce de la fermeture du site Renault
Vilvoorde l¹action cotée en bourse a augmenté de 20 %.
L¹annonce aurait dû être prévue pour le 10 mars 1997, à l¹occasion de la
réunion du conseil d¹administration.
Pourquoi ? C¹est qu¹il y a eu des fuites, on avait appris que des
camionneurs avaient été réquisitionnés pour déménager le site de Vilvoorde,
de préférence un week-end.

La fermeture de Vilvoorde était calculée.

Afin de sauvegarder l¹emploi, Renault nous impose ses conditions :
En décembre 1992, nous avons eu droit, après des mois de campagne du patron
et des directions syndicales, à un référendum pour nous faire accepter la
journée des neuf heures.
Nous avions trois propositions, trois différents tableaux nous proposant des
journées de neuf heures. En somme, nous ne pouvions pas voter contre les
neuf heures.
La machine est en route, Renault obtient sa première victoire sur les
travailleurs de Vilvoorde.
En contrepartie, Renault s¹engage pour un investissement de plusieurs
milliards par la rénovation de son site de Vilvoorde.
Renault frappe fort, plus de flexibilité, augmentation de sa productivité
journalière avec une diminution de ses effectifs.
Les contrats temporaires sont plus renouvelés, la direction fait appel aux
différents organismes intérimaires, pour combler les congés pour cause de
maladies ou accidents de travail.
Nous ne sommes plus dans les années des Golden Sixties, mais bien au temps
l¹exclusion sauvage.

Le 27 février 1997, le ressort casse, on ferme l¹entreprise !

Pourquoi ! L¹Europe n¹est-elle pas sociale alors que le PS (parti
socialiste) est présent au pouvoir dans plusieurs pays de l¹Union européenne
?
Pourquoi, les gouvernements PS Français et Belge, à l¹époque, accordent peu
d¹intérêt à sauver Vilvoorde. Une manière comme une autre, d¹échapper à
leurs propres responsabilités.
Les politiques refusent le débat ouvert devant les travailleurs.

Le 28 février dans la soirée, le gouvernement fédéral et flamant tiennent
une réunion de crises, tous les interlocuteurs sociaux sont présents, ainsi
que la participation du secrétaire du conseil d¹entreprise européenne
(Michel Batt. de la CFDT)
Les questions diffusent sur la fermeture prévue pour le 31 juillet 1997.
Il faut que les manifestations soient exclusivement dirigées sur la France.
Il faut utiliser tous moyens de contenir les travailleurs et dans avoir le
contrôle.
Isolez l¹ensemble des travailleurs de Vilvoorde aux autres entreprises
automobiles en général.
Les amener sur une voie de garage, et aboutir a l¹acceptation d¹un plan
d¹accompagnement très rapidement.
Les syndicats belges n¹ont certainement pas les moyens nécessaires à
autofinancer une grève de longue durée
Mais on trouve les moyens nécessaires de puiser dans la caisse des
travailleurs pour financer les campagnes électorales de nos hommes
politiques.
Nous sommes sous-estimés, nos propres instances refusent d¹accepter le
combat, d¹obtenir la solidarité par-dessus nos frontières.
La stratégie politique et syndicale prend ses formes peu à peu.
Les décisions tombent, Karel Gacoms secrétaire de la FGTB est parachuté dans
le conflit Renault, devient le porte-parole tout désigné du monde politique
et fait la une de la presse bourgeoise.
Karel Gacoms, est responsable en grande partie de cette chaotique mascarade,
les valeurs humaines sont plus que formalité.
Le temps joue en sa faveur, maintenue et appuyée au secret par les
directives syndicales, le désastre peu commencé par une démobilisation et
d¹une éventuelle reprise au travail des travailleurs de Vilvoorde et
d¹arrivée progressivement vers le plan social.
Karel Gacoms, refuse d¹organiser un système de concertation avec les
travailleurs elle entraînera la démoralisation progressive et de briser le
mouvement national de solidarité avec d¹autres entreprises.
Concluant que la fermeture de l¹usine était justifiée.

Tout est fait ou tout est dit.

Si Vilvoorde est un échec pour la sauvegarde de l¹emploi, la solidarité
n¹est toujours pas encore assez structurée.
Depuis Vilvoorde, il y a eu des progrès dans la solidarité entre entreprises
européennes.
Ce qu¹il faut développer maintenant, c¹est la solidarité, non après
fermeture, mais avant.
Monsieur Louis Schweitzer, patron du groupe Renault depuis 1992, le petit
fils d¹un prix Nobel Docteur Albert Schweitzer, à exercer de hautes
responsabilités politiques, lorsque les socialistes étaient au pouvoir en
France, avant de se recasé au sein du constructeur automobile.
Laurent Fabius, premier ministre français, le choisit en effet comme chef de
cabinet.
À ce titre, Schweitzer fut mouillé dans deux scandales : celui du sang
contaminé et celui des écoutes téléphoniques de l¹Élysée entre 1983 et 1986.
M. Schweitzer a tout aussi spectaculairement montré les limites du marché
tout puissant. Non seulement, M. Schweitzer a pu démontrer à la partie la
plus arrogante de la classe politico-économique de son dynamisme et de son
Volontarisme, elle n¹est pas à l¹abri de ces revers douloureux que les
Wallons n¹ont cessé de connaître depuis plusieurs dizaines.

Il n¹y a pas de fermeture propre.

Dorénavant, les patrons ne pourront plus faire comme avant, grâce à la loi
Renault.

Les jugements de Bruxelles et de Nanterre, de fin mars 1997, permettent de
remettre en cause la procédure utilisée pour annoncer la fermeture, mais pas
la fermeture en elle-même.
Karel Gacoms, (secrétaire fédérale FGTB) s¹est indigné de l¹ouverture à
Moscou d¹une nouvelle usine Renault, mais il s¹est par contre réjoui de
l¹annonce de l¹ouverture d¹une entreprise Toyota à Valenciennes.

Il arrive beaucoup trop souvent que la direction syndicale penche du côté de
la politique ou de l¹économie, plutôt que du côté des travailleurs de la
base, cela doit changer.
Chez Renault, il y avait une unité entre les travailleurs, mais pas au
niveau des directions syndicales.
Cette division amène des travailleurs d¹une usine à ne pas soutenir la lutte
des autres travailleurs ;
Aussi longtemps que les travailleurs ne sont pas conscients de cette
nécessité, nous ne pourrons pas remporter la victoire.

Les divergences.

Chez Renault Vilvoorde, on avait accepté la flexibilité, des contraintes sur
les salaires. Il n¹avait pas de tradition de lutte syndicale.
Par contre aux forges de Clabecq, dans une région en déclin, la combativité
des travailleurs était bien plus affirmée.
C¹est le combat que se proposent de mener l¹ancienne délégation des forges
et les durs de Renault, sous le mot d¹ordre « non à l¹exclusion ».

Le combat Renault -Clabecq restera, je le pense sincèrement, dans le c¦ur
des travailleurs de Belgique et de l¹Europe.

Le 28 mars 1997, les travailleurs, des Forges de Clabecq et de Renault après
des mois de lutte contre le système pour la sauvegarde de leurs emplois,
organisent une manifestation sur l¹autoroute de Wauthiez-Braine (brabant
wallon).
La gendarmerie surgit avec violence sur les travailleurs, l¹affrontement est
inévitable.
Utilisant leurs bulldozers ceux de Clabecq ont infligé la plus grande raclée
à la gendarmerie, depuis la manifestation des sidérurgistes en 1982.
Résultats, six camions détruits et plusieurs autopompes endommagées sans
compter sur de nombreux blessés côté gendarmerie.


Le monde politique est en ébullition, le ministre de la Justice Vanden
Lanotte a condamné les incidents.
Le ministre de la Justice Declercq prépare les poursuites avec les
encouragements des instances syndicales.

Nous étions 13 travailleurs à être poursuivis pour fait de violence.
La gendarmerie, peuvent faire usage de violence légale, mais la résistance
des travailleurs est interdite.
Et cette violence-là, ceux de Clabecq et de Renault l¹ont combattue durant
des mois. Mais ils ont aussi montré qu¹il fallait refuser de recevoir des
coups sans rien dire.

Après quatre longues années de procédure et de souffrance pour nos familles,
le verdict tombe, neuf des treize prévenus sont acquittés.
Quatre sont condamnés avec un sursis de dix-huit mois.
Ce sera ma victoire, celle de mes camarades, celle du monde du travail
contre le système capitaliste, car notre combat d¹aujourd¹hui, c¹est déjà
celui de demain.
Vous ne sauriez croire combien pèse à un homme le respect et le droit au
travail.
On nous criminalise, par le simple fait d¹avoir une attitude défensive,
aujourd¹hui, c¹est la grogne et l¹inquiétude des travailleurs face à la
récession et au chômage croisant, orchestré par une bourgeoise de
prestidigitation qui supporte mal la classe ouvrière seulement par
nécessiter a des fins de sauvegarder leurs intérêts.


André Fontaine
Anciens travailleurs de Renault Vilvoorde.
Poursuivi dans l¹affaire « 13 de Clabecq »
Exclu du monde du travail.







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